Retour sur la #LaREF22 - UPG

Retour sur #LaREF22 – Paris Longchamp

RENCONTRE DES ENTREPRENEURS DE FRANCE EDITION 2022

L’université d’été du MEDEF s’est tenue les 29 et 30 août derniers, dans le cadre aéré de l’hippodrome PARIS-LONGCHAMP. Le rendez-vous de la rentrée (près de 150 intervenants, plus de 30 débats et 10000 participants), auquel a participé une délégation gersoise de l’UPG, a proposé un programme exceptionnel, sur le thème de L’EURO VISIONS. Pour le dire autrement, il s’est agi de confronter les idées sur la capacité de l’Europe en général, et de la France en particulier, à relever les principaux défis d’aujourd’hui.

LE CONFLIT ARME EN UKRAINE ET L’AVENIR DES DEMOCRATIES LIBERALES

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, il y a environ sept mois, a imposé à l’Europe de faire le choix de la démocratie. Ce positionnement en faveur du bien vivre ensemble, contre la volonté de puissance a des conséquences militaires (les budgets consacrés à la défense dans le cadre de l’OTAN vont devoir augmenter), et des impacts économiques (en raison notamment de la dépendance de l’union européenne au gaz russe).

Cette guerre aux portes de l’Europe a jeté également une lumière crue sur l’érosion de la souveraineté alimentaire européenne. L’UE importe plus de 40% de son maïs, 70% de son huile de tournesol, et 30% de ses engrais.

Face aux modèles américain, chinois, russe, et aux dérives souverainistes, intégrationnistes, nationalistes, l’Europe doit s’affirmer comme le continent de la démocratie.

LE DEREGLEMENT CLIMATIQUE ET LA QUESTION DE L’APPROVISIONNEMENT ENERGETIQUE

La première préoccupation des adhérents du MEDEF est désormais la transition écologique (et non plus la fiscalité). On est entré dans l’ère du capitalisme décarbonné. Pour respecter les accords de Paris (moins 55% des émissions de CO2 d’ici 2030), 40 milliards d’investissements sont nécessaires. La décroissance n’est pas une solution. Il faut accélérer la sortie des énergies fossiles, remettre en fonction des centrales nucléaires (31 réacteurs arrêtés sur 56 en France), développer les énergies renouvelables, réduire de 10% les consommations (c’est le sens du plan de sobriété), créer un fonds vert et multiplier les éco-gestes.

Afin de sortir de la crise énergétique, il convient d’avoir une démarche qui conjugue le court terme et le long terme.

LE RETOUR DE L’INFLATION

Même si pour l’instant, les salaires augmentent deux fois moins vite que les prix, l’inflation flirte en France avec la barre des 6%, du jamais vu depuis trente-sept ans. De plus cette moyenne masque des pics dévastateurs dans l’énergie (42% pour le gaz), le transport (46% dans l’aérien), et les produits alimentaires comme la farine (30%) ou les pâtes (40%).

Les français peuvent se consoler en regardant chez leurs voisins européens où c’est pire : 2 points de plus d’inflation chez les allemands et 4 points pour les espagnols, sans parler des pays baltes (avec 20%).

Même si la Banque Centrale Européenne vient de remonter son taux directeur de 0,75%, l’exercice qui consiste à limiter la hausse des prix sans créer une récession est très compliqué.

LE NIVEAU DE L’ENDETTEMENT PUBLIC

L’endettement public s’élève à 2902 milliards d’euros en France (presque 120% du PIB). Le Quoi qu’il en coûte de la période COVID compte pour 200 milliards dans cet encours. Avec la hausse des taux d’intérêt, la charge de la dette sera encore plus importante (1% de plus au niveau du loyer de l’argent équivaut à 40 milliards supplémentaires de frais financiers pour le budget de l’Etat Français).

La dette doit être analysée de manière globale, avec la fiscalité et l’économie. Depuis 7 ans, la France a fait le choix de la politique de l’offre. Par exemple, le taux de l’impôt des sociétés est passé de 33% à 25%. Ceci étant, les recettes de l’IS ont été multipliées par trois. Autrement dit, on peut baisser les taux d’imposition des entreprises et augmenter les recettes fiscales dans le même temps.

Enfin, la bonne question est celle de l’usage de la dette (chaque euro emprunté doit être utile à l’économie).

LA REINDUSTRIALISATION

La crise sanitaire de la COVID-19 a révélé un peu plus la vulnérabilité d’une France sans usines et la nécessité de retrouver sa souveraineté industrielle. Avec à peine plus de 13% de la population active (25,5% pour l’Allemagne) et une contribution de seulement 14% dans le PIB (32% en Allemagne), l’industrie française a connu un déclin presque constant. On a perdu un tiers des emplois industriels entre 1995 et 2015. Désormais 2 emplois sur 3, dans le secteur de l’industrie, sont délocalisés.

L’industrie, pour se développer, devra s’appuyer sur le « green » en particulier, et sur la responsabilité sociétale et environnementale en général. L’AMIPI (30 millions de chiffre d’affaires) permet par exemple l’inclusion de travailleurs handicapés (à hauteur de 80% de l’effectif salarié total).

LA PROBLEMATIQUE DU RECRUTEMENT

Même si le taux de chômage est au plus bas depuis quinze ans, et si des réformes ont été réalisées du côté de la formation professionnelle et de l’apprentissage (800000 apprentis à la rentrée prochaine), le taux d’emploi est anormalement faible (67% en France contre 76% en Allemagne). Si la France avait le même taux d’employabilité, elle augmenterait son PIB de 12% et ses recettes fiscales de 6%.

On observe un désajustement entre les compétences demandées et celles offertes. Le système éducatif est à la racine de ce mal économique français (pédagogie datée, orientation défaillante, sciences et filières pros mal valorisées…). Il faut réparer l’école pour améliorer la compétitivité et réussir les transitions numérique et énergétique.

Enfin, la réforme de l’assurance chômage doit tenir compte du contexte actuel, et créer une plus d’incitation au travail.

Pour conclure cette rapide synthèse, vous retrouvez l’intégralité des débats en vidéo sur le site internet Rencontre des Entrepreneurs de France 2022, si l’Europe en général et la France en particulier veulent rester dans la compétition planétaire, il va falloir relever ces divers défis et réaliser le projet du « j’ai rêvé d’un nouveau monde », pour reprendre la métaphore du Président Geoffroy ROUX de BEZIEUX :

Cette démarche implique l’engagement de tous (Etat, Collectivités, Entreprises, Associations et Citoyens). Alors, comme l’a précisé la Première Ministre Elisabeth BORNE « l’heure n’est plus au chacun pour soi, mais à la responsabilité collective ».

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